Comment fonctionne la bourse et comment passer un ordre ?

Carnet d'ordres d'une bourse électronique montrant les meilleures offres d'achat et de vente et le spread
Réponse express

Le type d'ordre décide du prix que vous payez

La bourse ne fixe pas un prix, elle confronte des ordres. Le marché primaire finance l'émetteur lors de l'émission, le marché secondaire organise l'échange entre investisseurs : c'est là que vous intervenez, et c'est sa liquidité qui rend le financement possible.

  • Trois circuits : les bourses réglementées comme SIX Swiss Exchange, les plateformes alternatives, et le gré à gré, où le prix n'est pas public. Obligations et produits structurés se négocient largement hors bourse.
  • Le carnet d'ordres apparie les ordres par priorité de prix, puis à prix égal par ordre d'arrivée.
  • Le spread entre meilleure offre et meilleure demande est un coût réel, souvent supérieur aux frais de courtage sur les titres peu liquides.
  • Ordre au marché : exécution garantie, prix non garanti. Ordre limité : prix garanti, exécution non garantie. Ordre stop : devient un ordre au marché au franchissement d'un seuil, donc sans garantie de prix. Stop avec limite : garantit le prix, au risque de ne pas sortir.
  • Le réflexe par défaut d'un investisseur privé est l'ordre limité, et il suffit à couvrir presque tous les besoins d'un investisseur de long terme.
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Sommaire :

Vous cliquez sur « acheter », et 200 millisecondes plus tard vous détenez vingt actions. Entre les deux, votre ordre a traversé un système dont la logique décide du prix que vous payez, parfois avec un écart de plusieurs pourcents par rapport à ce que vous aviez vu à l’écran. La plupart des mauvaises exécutions ne viennent pas du marché, mais du type d’ordre choisi.

Voici comment la bourse fonctionne réellement, et ce que change chaque type d’ordre.

Marché primaire, marché secondaire : quelle différence ?

Tout commence par une distinction que beaucoup d’investisseurs n’ont jamais formulée.

Le marché primaire est celui de l’émission. Une entreprise qui entre en bourse ou qui augmente son capital vend des titres nouvellement créés, et le produit de la vente lui revient. Un État qui émet un emprunt fait la même chose. C’est le seul moment où votre argent finance réellement l’émetteur.

Le marché secondaire est celui de la revente entre investisseurs. Quand vous achetez une action Nestlé, votre argent ne va pas à Nestlé : il va au précédent détenteur du titre. C’est là que se déroulent la quasi-totalité des transactions, et c’est le marché auquel vous accédez par votre banque ou votre courtier.

Cette distinction n’est pas théorique. Sans marché secondaire liquide, personne n’accepterait de souscrire sur le marché primaire, parce que le capital serait immobilisé jusqu’à l’échéance ou pour toujours. La liquidité de la revente est ce qui rend possible le financement.

D’où les trois fonctions d’une bourse. La liquidité, c’est-à-dire la possibilité de trouver une contrepartie à tout moment. La formation du prix, par confrontation de l’offre et de la demande. Et la transparence, puisqu’une bourse réglementée publie les cours et les volumes et soumet les émetteurs à des obligations d’information.

Où se négocient réellement les titres ?

Trois circuits coexistent, et ils n’offrent pas les mêmes garanties.

  • Les bourses réglementées. En Suisse, SIX Swiss Exchange à Zurich est la principale, avec BX Swiss comme seconde place. Les émetteurs y sont soumis à des exigences de cotation et de publicité, les prix sont publics, et le règlement des opérations est standardisé.
  • Les systèmes multilatéraux de négociation, plateformes électroniques qui font se rencontrer acheteurs et vendeurs sur des titres souvent déjà cotés ailleurs, avec des exigences moindres pour les émetteurs.
  • Le gré à gré, ou OTC. La transaction se négocie directement entre deux parties, sans carnet d’ordres central. C’est le mode dominant sur les obligations, les devises et de nombreux produits dérivés. Le prix n’y est pas public, ce qui rend la comparaison difficile pour un particulier et place le client en position d’infériorité informationnelle face à son intermédiaire.

Une journée de négoce sur une bourse électronique se découpe en phases. La pré-ouverture, pendant laquelle les ordres s’accumulent dans le carnet sans s’exécuter, tandis qu’un prix d’ouverture théorique est diffusé. L’enchère d’ouverture, qui détermine le premier cours de la séance. La cotation continue, où chaque ordre compatible s’exécute immédiatement. Enfin l’enchère de clôture, qui fixe le cours officiel de la journée, celui qui sert de référence pour les indices et les évaluations. Sur SIX, la pré-ouverture démarre tôt le matin et la séance s’étend du début de matinée jusqu’en fin d’après-midi, avec une phase de clôture qui fixe le cours officiel.

Retenez-en une conséquence pratique : les cours de l’enchère d’ouverture et de l’enchère de clôture ne sont pas de simples continuations du marché continu. Passer un ordre au marché juste à l’ouverture est l’un des meilleurs moyens d’obtenir un prix décevant.

Comment un ordre est-il exécuté ?

Les ordres arrivent dans un carnet d’ordres, qui liste d’un côté les acheteurs avec leur prix maximum, de l’autre les vendeurs avec leur prix minimum. Le système apparie les ordres compatibles selon deux règles, dans cet ordre : priorité au meilleur prix, puis, à prix égal, priorité à l’ordre arrivé le premier.

Entre le meilleur prix d’achat et le meilleur prix de vente subsiste un écart, le spread. C’est un coût réel, souvent supérieur aux frais de courtage sur les titres peu liquides. Sur une grande valeur suisse, le spread est de quelques centièmes de pourcent. Sur une petite capitalisation ou un produit structuré peu traité, il peut atteindre plusieurs pourcents, payés instantanément à l’achat puis à nouveau à la vente.

Le carnet explique aussi pourquoi un gros ordre bouge le marché : s’il dépasse le volume disponible au meilleur prix, il consomme les niveaux suivants, de moins en moins favorables. C’est exactement ce qui produit les exécutions surprenantes.

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Quels types d’ordres existent, et lequel utiliser ?

C’est la partie qui change concrètement vos résultats.

  • L’ordre au marché, aussi appelé ordre au mieux. Il s’exécute immédiatement au meilleur prix disponible. Il garantit l’exécution, jamais le prix. Utile sur un titre très liquide quand la priorité est d’entrer ou de sortir vite, dangereux sur un titre peu traité ou dans une phase d’enchère.
  • L’ordre limité. Vous fixez un prix maximum à l’achat ou minimum à la vente. Il garantit le prix, jamais l’exécution : si le cours ne l’atteint pas, l’ordre reste en carnet puis expire. C’est le type d’ordre que devrait utiliser par défaut tout investisseur privé, et il suffit à couvrir la quasi-totalité des besoins d’un investisseur de long terme.
  • L’ordre stop, ou ordre à seuil de déclenchement. Un ordre dormant qui se transforme en ordre au marché dès que le cours atteint un seuil. Il sert à limiter une perte ou à protéger un gain. Son défaut est celui de l’ordre au marché : une fois déclenché, il s’exécute au prix disponible, qui peut être très inférieur au seuil lors d’un décrochage brutal.
  • L’ordre stop avec limite, ou à plage de déclenchement. Même mécanisme, mais l’ordre déclenché est un ordre limité. Vous ne vendrez pas en dessous de votre limite, au risque de ne pas vendre du tout si le cours traverse la plage trop vite. Il n’existe pas de solution parfaite : on choisit entre la certitude de sortir et la certitude du prix.
  • Le stop suiveur, dont le seuil se déplace automatiquement à mesure que le cours monte, pour verrouiller une plus-value latente. Tous les courtiers suisses ne le proposent pas.
  • L’ordre OCO, pour one cancels the other, qui combine deux ordres dont l’exécution de l’un annule l’autre. Rare chez les courtiers suisses.

À cela s’ajoute la validité : valable pour la journée, jusqu’à une date choisie, ou jusqu’à annulation. Un ordre limité oublié et valable un an peut s’exécuter dans un contexte que vous aviez oublié. Relisez vos ordres en attente.

Trois réflexes pour finir. Utilisez l’ordre limité par défaut. Regardez le spread avant de passer un ordre sur un titre peu liquide, il vous coûtera plus cher que vos frais de courtage. Et évitez l’ordre au marché dans les premières minutes de la séance, où la volatilité est maximale.

Conclusion : le type d’ordre est une décision, pas un détail technique

Comprendre la bourse, c’est comprendre que le prix affiché n’est pas un prix garanti, mais le résultat d’une confrontation permanente d’ordres. Ce que vous obtenez dépend du circuit emprunté, de la liquidité du titre, de la phase de séance et surtout du type d’ordre que vous avez choisi. Ce choix est gratuit et il est le plus rentable que vous puissiez faire.

Chez Century Finance, nous regardons la structure d’un portefeuille avant sa performance, et les coûts réels avant les frais affichés. Si vous investissez seul ou si vous vous interrogez sur la qualité d’exécution de votre banque, faites analyser votre portefeuille.

En résumé, voici 3 points clés

  • Le marché primaire finance l’émetteur, le marché secondaire organise l’échange entre investisseurs. C’est la liquidité du second qui rend le premier possible.
  • Les ordres se rencontrent dans un carnet, appariés par priorité de prix puis de temps. Le spread entre meilleure offre et meilleure demande est un coût réel, souvent supérieur aux frais de courtage.
  • Un ordre au marché garantit l’exécution mais pas le prix, un ordre limité garantit le prix mais pas l’exécution. Pour un investisseur privé de long terme, l’ordre limité devrait être le réflexe par défaut.

Pour aller plus loin

Fares Yakoubi, fondateur de Century Finance, conseiller financier à Genève
L'auteur

Fares Yakoubi

Fondateur de Century Finance, Genève. Diplômé AFA, inscrit au registre FINMA des intermédiaires d'assurance.

Dix ans d'expérience en prévoyance, fiscalité et structuration de patrimoine en Suisse romande. Les articles de ce blog s'appuient sur les textes en vigueur, les circulaires de l'Administration fédérale des contributions et la jurisprudence du Tribunal fédéral, sources citées.

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FAQ : bourse et ordres de bourse

Quelle est la différence entre marché primaire et marché secondaire ?

Sur le marché primaire, les titres sont créés et vendus par l'émetteur : le produit de la vente lui revient et finance son activité. Sur le marché secondaire, les investisseurs s'échangent des titres déjà existants et l'argent va au précédent détenteur, pas à l'entreprise. C'est le marché auquel vous accédez par votre banque ou votre courtier, et c'est sa liquidité qui rend possible le financement sur le marché primaire.

Ordre au marché ou ordre limité : lequel choisir ?

Un ordre au marché garantit l'exécution mais pas le prix : il se règle au meilleur prix disponible, qui peut s'écarter sensiblement de celui affiché. Un ordre limité garantit le prix mais pas l'exécution : si le cours n'atteint pas votre limite, l'ordre reste en carnet puis expire. Pour un investisseur privé de long terme, l'ordre limité devrait être le réflexe par défaut.

Comment fonctionne un ordre stop loss ?

C'est un ordre dormant qui se déclenche lorsque le cours atteint un seuil que vous avez fixé, pour limiter une perte ou protéger un gain. Une fois déclenché, il devient un ordre au marché : il s'exécute donc au prix disponible, qui peut être nettement inférieur au seuil lors d'un décrochage brutal. L'ordre stop avec limite corrige ce défaut en déclenchant un ordre limité, au risque de ne pas être exécuté du tout.

Qu'est-ce que le spread et combien coûte-t-il ?

C'est l'écart entre le meilleur prix d'achat et le meilleur prix de vente affichés dans le carnet d'ordres. Vous le payez à l'achat puis à nouveau à la vente. Sur une grande valeur très liquide, il est infime. Sur une petite capitalisation ou un produit peu traité, il peut représenter plusieurs pourcents, soit bien davantage que vos frais de courtage. Regardez-le avant de passer un ordre.

Pourquoi mon ordre a-t-il été exécuté à un prix différent de celui affiché ?

Trois causes possibles. Vous avez passé un ordre au marché sur un titre peu liquide, et votre ordre a consommé plusieurs niveaux du carnet. Vous avez passé un ordre pendant une phase d'enchère, à l'ouverture ou à la clôture, où le prix se forme différemment du marché continu. Ou le cours a simplement évolué entre l'affichage et l'exécution. Un ordre limité supprime les deux premiers risques.

Tous les titres se négocient-ils en bourse ?

Non. À côté des bourses réglementées et des plateformes alternatives, une part importante des transactions se fait de gré à gré, directement entre deux parties, sans carnet d'ordres central. C'est le mode dominant sur les obligations, les devises et beaucoup de produits dérivés. Le prix n'y est pas public, ce qui rend la comparaison difficile pour un particulier.

Combien de temps un ordre reste-t-il valable ?

Cela dépend de la validité que vous choisissez : la journée en cours, une date précise, ou jusqu'à annulation. Un ordre limité à longue validité peut s'exécuter des mois plus tard, dans un contexte de marché que vous aviez oublié. Passez en revue vos ordres en attente régulièrement.

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