Les indicateurs fondamentaux ne donnent pas de réponse, ils posent une question : pourquoi cette entreprise se traite-t-elle moins cher que ses concurrentes, et cette décote est-elle justifiée ? Dans un marché où des milliers de professionnels regardent les mêmes données, un écart important traduit en général un risque, pas une occasion manquée.
Une action affiche un PER de 8 quand son secteur se traite à 18. Deux lectures s’opposent : soit le marché n’a pas vu l’opportunité, soit il a vu quelque chose que vous n’avez pas vu. La deuxième hypothèse est la bonne dans l’immense majorité des cas, et c’est précisément pour cela qu’un indicateur ne se lit jamais seul.
Voici ce que mesure chacun des grands ratios, et surtout dans quelles circonstances il ment.
C’est l’indicateur le plus utilisé, et le plus mal interprété.
Le PER rapporte le cours de l’action au bénéfice par action. Un PER de 15 signifie que vous payez quinze fois le bénéfice annuel de l’entreprise. Autrement dit, à bénéfice constant, il faudrait quinze ans pour que l’entreprise génère un bénéfice cumulé égal à ce que vous avez payé.
Trois pièges systématiques.
Une distinction utile pour finir : le PER historique se calcule sur le dernier bénéfice publié, le PER prospectif sur le bénéfice attendu. Le second est plus pertinent et plus fragile, puisqu’il repose sur des prévisions d’analystes qui peuvent être révisées du jour au lendemain.
Le PEG répond à la limite principale du PER, à savoir qu’il ignore la croissance.
Il divise le PER par le taux de croissance attendu du bénéfice. Une entreprise affichant un PER de 30 mais dont les bénéfices croissent de 30 % par an présente un PEG de 1. Une entreprise au PER de 12 dont les bénéfices croissent de 4 % affiche un PEG de 3. Selon ce ratio, la première est moins chère que la seconde, ce que le PER seul ne dit pas.
La convention de lecture est simple : un PEG inférieur à 1 suggère une valorisation attractive au regard de la croissance, un PEG supérieur à 1 une valorisation exigeante. Ces repères sont des conventions de marché, pas des règles.
Sa faiblesse est évidente et il faut l’assumer : le PEG repose entièrement sur une prévision de croissance. Changez l’hypothèse de croissance et le ratio change du tout au tout. Il est donc utile pour comparer des entreprises de croissance entre elles, et quasiment inutilisable pour une société mature à croissance faible ou irrégulière, où le dénominateur devient instable.
Trois ratios décrivent ce que l’entreprise vous reverse et ce qu’elle garde.
Deux indicateurs décrivent la qualité de l’entreprise plutôt que le prix de son action.
La rentabilité des fonds propres, ou ROE, rapporte le bénéfice net aux fonds propres. Elle mesure l’efficacité avec laquelle l’entreprise fait travailler l’argent de ses actionnaires. Un ROE élevé est en principe bon signe, mais il peut être gonflé artificiellement par l’endettement : plus une société se finance par la dette, moins elle a de fonds propres, donc plus son ROE monte à bénéfice égal. Ne lisez jamais un ROE sans regarder le niveau d’endettement.
Le rapport entre le cours et la valeur comptable compare le prix de l’action à la valeur des fonds propres par action. Il est pertinent pour les banques et les sociétés à forte intensité capitalistique, où le bilan reflète bien l’activité. Il l’est beaucoup moins pour les entreprises dont la valeur réside dans des actifs incorporels, marques, logiciels ou brevets, que la comptabilité ne reflète qu’imparfaitement.
À quoi s’ajoute, pour comparer des entreprises aux structures financières différentes, le rapport entre la valeur d’entreprise et le résultat opérationnel avant amortissements. Il présente l’avantage de neutraliser l’effet de l’endettement et des politiques d’amortissement, ce que le PER ne fait pas.
C’est la notion qui relie tous ces ratios à la théorie, et elle justifie l’existence même du placement en actions.
La prime de risque des actions est le supplément de rendement qu’un investisseur exige pour détenir des actions plutôt qu’un placement sans risque. Personne n’accepterait l’incertitude des marchés actions pour obtenir le rendement d’une créance publique à court terme. Ce supplément est la rémunération du risque assumé.
De là découle la logique de valorisation. Le taux auquel on actualise les bénéfices futurs d’une entreprise est égal au taux sans risque augmenté de la prime de risque, ajustée du bêta du titre. Plus ce taux est élevé, moins les bénéfices futurs valent cher aujourd’hui, et donc moins l’action vaut cher.
Deux conséquences concrètes, et elles expliquent beaucoup de ce que vous observez sur les marchés.
Quand les taux d’intérêt montent, les valorisations baissent mécaniquement, parce que les bénéfices futurs sont actualisés plus sévèrement. L’effet est d’autant plus fort que les bénéfices attendus sont lointains, ce qui explique pourquoi les valeurs de croissance souffrent davantage que les valeurs matures lors d’une remontée des taux.
Et les entreprises les plus risquées doivent présenter des multiples plus bas pour offrir le même rendement attendu. Un PER faible n’est donc pas une anomalie à exploiter, c’est le plus souvent le prix du risque, correctement fixé par le marché.
Vous souhaitez un conseil personnalisé? Vous trouverez ici le formulaire de contact.
Quatre règles, et elles comptent davantage que la connaissance des formules.
Ces ratios ne donnent aucune réponse par eux-mêmes. Ils posent des questions : pourquoi cette entreprise se traite-t-elle moins cher que ses concurrentes, et cette décote est-elle justifiée ou non ? Le travail d’analyse commence là où le calcul s’arrête.
Chez Century Finance, nous ne commençons jamais par la sélection de titres, mais par l’allocation et par l’enveloppe, parce que c’est là que se joue l’essentiel du résultat d’un investisseur privé. Si vous détenez un portefeuille d’actions en direct et que vous vous interrogez sur sa construction, faites analyser votre portefeuille.
Le PER rapporte le cours de l'action au bénéfice par action : un PER de 15 signifie que vous payez quinze fois le bénéfice annuel de l'entreprise. Il ne s'interprète qu'à l'intérieur d'un même secteur et d'une même géographie, car la stabilité et la croissance des bénéfices diffèrent fortement d'une activité à l'autre. Il perd par ailleurs tout sens lorsque le bénéfice est faible, exceptionnel ou négatif.
Rarement. Un PER bas traduit le plus souvent une anticipation de baisse des bénéfices, un risque sectoriel, un endettement élevé ou un problème de gouvernance. Le marché ne laisse pas traîner des actions bon marché sans raison. Un multiple faible est donc généralement le juste prix d'un risque identifié, et non une occasion que personne n'aurait vue.
Il corrige la principale limite du PER, qui ignore la croissance, en divisant le PER par le taux de croissance attendu des bénéfices. Une entreprise au PER de 30 dont les bénéfices croissent de 30 % par an affiche un PEG de 1, donc une valorisation plus raisonnable qu'une société au PER de 12 dont les bénéfices ne croissent que de 4 %. Par convention de marché, un PEG inférieur à 1 est jugé attractif. Sa faiblesse est qu'il repose entièrement sur une prévision de croissance.
Pas nécessairement. Le rendement se calcule sur le cours : il monte donc automatiquement quand le cours baisse. Un rendement soudainement très élevé signale souvent une chute du titre plutôt qu'une générosité nouvelle. Vérifiez systématiquement le taux de distribution, qui indique quelle part du bénéfice est versée : un taux proche ou supérieur à 100 % signifie que l'entreprise distribue tout, voire davantage qu'elle ne gagne, ce qui annonce fréquemment une réduction du dividende.
Non. La rentabilité des fonds propres rapporte le bénéfice net aux fonds propres, et elle peut être gonflée artificiellement par l'endettement : plus une société se finance par la dette, moins elle a de fonds propres, donc plus son ROE monte à bénéfice égal. Ne lisez jamais un ROE sans regarder le niveau d'endettement de l'entreprise.
Parce que la valeur d'une action repose sur l'actualisation de ses bénéfices futurs, à un taux égal au taux sans risque augmenté de la prime de risque ajustée du bêta du titre. Quand les taux montent, ce taux d'actualisation monte, et les bénéfices futurs valent donc moins cher aujourd'hui. L'effet est d'autant plus marqué que les bénéfices attendus sont lointains, ce qui explique pourquoi les valeurs de croissance souffrent davantage que les valeurs matures.
Ne lisez jamais un ratio isolément : un PER s'interprète avec la croissance, l'endettement et la régularité des bénéfices, un ROE avec le niveau de dette, un rendement avec le taux de distribution. Comparez à l'intérieur d'un même secteur et sur plusieurs années, car la trajectoire d'un ratio dit souvent davantage que son niveau. Et méfiez-vous des chiffres trop beaux : ils sont à explorer, pas à saisir.
Vous souhaitez un conseil personnalisé? Vous trouverez ici le formulaire de contact.
Ces affiliations ne sont pas de simples labels.
Elles traduisent notre exigence : offrir un accompagnement sérieux, sécurisé et irréprochable, conforme aux standards suisses les plus stricts.
LA PROMESSE CENTURY FINANCE.
Profitez d’un rendez-vous avec un expert du domaine financier à Genève et discutez des meilleures stratégies pour optimiser votre patrimoine !